Les découvrables, c'est un esclavage. Ca vous colle des coups de soleil en traître, ça vous ballotte dans les remous d'air, même au ralenti. une fois capoté, on y devient sourd et claustrophobe, ça vous rend aussi paranoïaque quand il s'agit de les garer. Pour sa défense, un roadster peut toujours évoquer l'originalité, l'exclusivité, un caractère unique. C'était le cas du BMW Z3... jusqu'à ce que sa version coupé apparaisse. Chez BMW, au contraire des petits camarades, on a rajouté un toit au roadster ! Le Z3 Coupé évoque exactement la catégorie très marginale des breaks de chasse. Vous savez, comme ces Aston Martin spéciales, avec 3 portes et 2 places, dont le compartiment arrière semble exclusivement destiné à accueillir le sac de golf ou le labrador, mais jamais les 2 en même temps (à cause du manque de place). Les dimensions du coupé BMW demeurent strictement celles du roadster, hormis la hauteur (+1,5 cm). Plus encore que pour le roadster, la partie arrière est superbement suggestive. Les 4 sorties d'échappement et le carrossage négatif bien visible laissent clairement entendre qu'il va se passer des choses.

La famille M3 s'enrichit donc d'un nouvel arrivant puisque ce coupé accueille d'emblée le 6 cylindres de 321 ch. Outre le 2,8 litres (193 ch), il n'y aura pas d'autre version, notamment de 4 cylindres. Il est bien trop exclusif pour cela. Le coupé adopte une présentation similaire au roadster : intérieur rétro, clignotants blancs, boucliers spécifiques... Des raisons d'encombrement empêchent le Z3 de profiter de la boîte 6 des M3. Le 6 cylindres est toujours aussi mélodieux et on peut remercier BMW de ne pas avoir trop isolé cet habitacle fermé. On profite avec bonheur de sa générosité dans ses montées en régime. Pour "seulement" 3,2l, ce moteur développe 321 ch, soit un rendement de 100 ch/l, ce qui est quand même pas mal pour un atmosphérique. Même s'il donne toute sa mesure dans la seconde partie du compte-tours (entendez par là l'endroit où l'aiguille s'affole, le moteur consomme et la vue se trouble...), le Z3 peut néanmoins se conduire en souplesse, à bas régime, tout en adoptant un rythme déjà rapide. Mas en cas de besoin, un petit coup de rétrogradage et la cavalerie arrive au grand galop. Par rapport au Roadster, le Coupé n'a pas perdu son caractère joueur. Il est aussi plus rigide et permet de tourner autant avec le volant qu'avec les pneus arrières. Pour la chasse aux virages, croyez-moi, il n'y a pas que ce break là !